Salon Saveurs des Plaisirs Gourmands : backstage

Posted by on Dec 26, 2013 in ATELIERS, ÉVÉNEMENTS, PARIS | No Comments

Je vous raconte l’aventure de Farine Zero Zero à l’édition de décembre du Salon Saveurs, le salon des spécialités gastronomiques haut de gamme, auquel nous avons participé avec un stand d’animation dédié aux mini-ateliers de pâtes fraîches.
Le salon a eu lieu du 6 au 9 décembre mais, pour nous, cela a commencé 10 jours avant : les supports à imprimer, les cartes de visites faites-main, cousues avec la machine du Centre socioculturel Belleville, les courses chez Métro à 11h du soir, les trois tables achetées à la dernière minute à deux km de chez nous et transportées à pieds.

Et puis, dix millions de formalités que l’on n’arrive même pas à imaginer : l’assurance, le point d”eau, l’électricité, la validation du système de cuisson. Et quand tout est prêt, une fois que tout est organisé – mais oui, on va confectionner 8 Kg de pâtes par jour et vendre 60 assiettes par jour -, comme dans toutes les fables l’inattendu : la vente d’assiettes est interdite et chaque point de cuisson doit disposer d’une hotte. Un dernier petit détail à régler, donc.

Le jeudi 6 nous sommes prêts pour nous installer (ou presque…)

Le jour J nous sommes les seuls à ne pas avoir prévu, dans notre rigueur logistique, un diable pour vider la camionnette que nous avons louée et remplie avec ce qui va constituer notre stand. Nous sommes donc perdus dans ce passage continu d’équipes super organisées. A 22h le stand est en place et nous deux écroulés, comme vous pouvez constater dans la photo ci-dessous.

Jour - 1

Jour – 1

Jour J+1 : De 8h à 11h préparation de la pâte à pâte pour pouvoir animer les ateliers. Après deux journées de travail sans arrêt pour la préparation du stand je me dis : celui-là serait le moment idéal pour s’allonger, se détendre, reprendre les forces. Une réflexion fugace, interrompue par l’annonce de l’haut-parleur :

” Chers exposants, il est 11h. Le Salon Saveurs ouvre ses portes “

Et un troupeau de gens pressés avec leurs chariots ont envahi le salon.
Face à la frénésie des clients et des vendeurs et à notre épuisement, Francesco et moi, nous sommes désarmés et devenons impatients d’entendre la même voix du matin que, après 12 interminables heures, annonce la fermeture du salon.
Sans se dire un mot, avec un résultat déprimant, nous reprenons notre sac frigo de dix kilos et rentrons à la maison (qui ressemblait plutôt à un entrepôt pendant ces jours-là).

Personne ne su ce qui s’est passé pendant cette nuit là.

Peut-être juste le 8 heures de sommeil et nous nous sommes réveillés comme des lions, prêts à défendre le territoire et à nous motiver. Encore plus Marco, notre héros bénévole, nous est venu en aide (le voilà ci-dessous).

Moi et Marco, ami et héros

Moi et Marco, ami et héros

Au bout de la troisième journée, nous sommes (presque) des pros du salon, vendeurs et animateurs à la fois.

En plus, nous n’avons pas trahi nos racines dans l’économie du partage. En effet pendant toute la durée du salon nous nous sommes nourris que de champagne et de fromage de brebis du stand d’en face, en échange de nos assiettes de pâtes.

Ça y esy c'est parti !

Ça y est, c’est parti !

Le salon termine en beauté avec le tchin-tchin d’une exposante de champagne qui décide d’acheter toutes les pâtes que je suis en mesure de produire dans la journée et le garçon de l’entretien de stockage qui nous procure un diable à la dernière minute.

Parfois la vie est belle.

Lundi à 18h le Salon ferme ses portes.
A partir de ce moment là une centaine d’ouvriers fait que à 19h il n’y a plus rien, même pas le murs de stands. C’est fou.

Réflexions qui restent :

  • Celui du commerçant des salons est un vrai métier, difficile et très dur, qui consiste à garder le même sourire pendant 10 heures, sans altération d’intensité, sans montrer des préjugés (parce que les gens n’aiment pas être jugés). Je dis bien sans montrer parce que en réalité il doit savoir tout de suite si la personne en face de lui est un acheteur ou pas, si il faut baisser le prix ou l’augmenter. Le commerçant doit connaître le moment exact de pousse ou invitation à l’achat. Ni trop tôt : il serait effronté, ni trop tard, sinon l’achat est raté.
  • Les règles de la politesse et de la “noblesse” ne valent pas dans le commerce. Le marché est toujours une place avec des gens qui passent et qu’il faut attirer dans la manière la plus grossières des fois, en criant. Tous, dès le plus bourgeois au plus populaires, sont sensibles à la hausse de voix et ne sentent pas agressées. Ils sont au marché d’ailleurs !
  • On peut devenir amis avec des personnes que nous n’aurions jamais vu ni connu dans notre vie de tous les jours (Merci à Sébastien et Françoise avec leur brebis délicieux et leur chaleur humaine, qui nous a rassuré et réchauffé, pas autant que le champagne du stand à coté, mais presque).
Sébastien et Françoise

Sébastien et Françoise

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